Le prix des originaux

Exposition Billom 2024 - Caroline Dewaele cAro Le Bulbe à Plumes

Définir le prix d’un original est un casse-tête pour beaucoup d’artistes et d’artisans d’art. Selon le regard de chacun et chacune, cela peut paraître déraisonnable compte tenu de l’utilité, de la technique, du format, de la pérennité, de la renommée de l’artiste ou encore du temps passé, dans un sens comme dans l’autre.

Alors, où se situent mes prix ? Et comment acquérir une œuvre qui n’est ‘pas dans ses moyens’ ?

Le prix des œuvres un sujet qu’il est toujours difficile d’aborder pour moi. J’ai l’impression de marcher sur des œufs… Entre les problèmes de légitimité, la connaissance ou la présomption des moyens financiers des personnes sensibles à mon art, l’affirmation de la valeur de ce que je propose, la volonté que les œuvres soient diffusées largement et soient accessibles, la connaissance du marché de l’art, ma posture à la croisée entre l’art, la thérapie et la spiritualité, la peur de sur-estimer mon travail ou au contraire de le dévaloriser et de passer soit pour orgueilleuse, soit pour amateure… j’ai des difficultés à me positionner.

En effet, je vends peu d’originaux, alors même qu’ils sont en dessous du prix du marché au vu de mon expérience. Mais je ne peux me permettre de les brader, ayant aussi besoin d’argent pour vivre dans cette société (sachant que je dépense peu !) et de temps pour créer en conscience chacune de mes créations.

Comment définir ses prix

Il existe beaucoup de méthodes, aucune ne répondant vraiment, selon moi, à la question.

Il y a notamment la méthode de du « prix par points », basé sur le format de l’œuvre et la côte de l’artiste. Mais cela ne prend pas du tout en compte le temps passé sur l’œuvre ni sa complexité : je peux passer bien plus de temps sur une œuvre de petite taille que sur un plus grand format.

Il y a également la comparaison avec les prix pratiqués par des artistes ayant des techniques et savoir-faire que l’on estime proches. Cela permet d’avoir un tarif assez cohérent dans l’ensemble de ‘l’offre’, mais cette méthode tourne un peu sur elle-même car les artistes se basent sur des artistes qui se basent sur des artistes (etc.)

Il y a la technique utilisée dans l’artisanat, qui calcule le temps passé, le coût des matériaux, des charges fixes et de communication/diffusion, etc. C’est une méthode déjà difficile à appliquer en artisanat car cela donne un prix souvent trop élevé pour le marché, et encore plus pour les arts où nous ne faisons qu’un seul exemplaire, sur lequel repose donc tous ces coûts.

Comment je définis les prix de mes originaux

Je définis mes tarifs selon la combinaison de tous ces facteurs :

  • le support (toile, papier, bois et sa qualité et donc pérennité)
  • le format
  • la technique
  • la complexité technique
  • le temps de recherche nécessaire
  • l’encadrement s’il y en a un

À cela, j’essaie d’ajouter une dimension symbolique par les chiffres utilisés. Généralement mon calcul me fait parvenir à une fourchette de prix, par exemple entre 300 et 350 €. Je regarde alors de quel nombre est proche la vibration de l’œuvre. Si elle vibre proche du 3, je la mets à 300 €. Si elle a une vibration s’apparentant plus aux qualités du 4, je la proposerai à 310 €, etc. Sachant que mes œuvres vibrent pour la plupart sur du 3, du 5, du 6, du 7, du 8 et du 9 (pour plus d’infos sur la symbolique de ces nombres, je vous invite à lire l’article sur la nouvelle année 2026).

Je pars de la plus petite et moins complexe de mes œuvres (croquis crayon graphite sur papier 90g/m², format A5), pour déterminer le prix le plus bas, puis j’augmente progressivement. Cela peut donner des tarifs différents pour des formats identiques, et des grands formats à un prix plus bas que d’autres plus petits.

Je définis généralement deux prix :

  • un prix qui reste délibérément assez bas, que je pourrais qualifier ‘de base’ car je souhaite que mes œuvres puissent aussi nourrir des gens qui n’ont pas les moyens des collectionneurs, ou leur permettre de commencer !
  • et le prix ‘normal’

Les deux seront affichés sur ma boutique dès qu’elle sera en ligne. En exposition, cela dépend du public du lieu : soit je n’affiche que le premier (de base), soit j’affiche les deux.

À cela s’ajoute la possibilité de m’offrir un soutien :

  • financier, par les plateformes Tipeee et Ko-Fi sur lesquelles j’ai des comptes, ou bientôt via la boutique en ligne.
  • moral en me faisant part de vos retours, me disant ce que vous apporte les œuvres
  • de communication et de diffusion, en parlant de moi, me faisant connaître à vos amis, relations, me mettant en relation avec d’éventuels futurs partenaires…

Je propose égalementdifférentes possibilités pour permettre à de petits budgets, qu’ils soient habituels ou occasionnels, d’acquérir une œuvre originale.

Je vous en dis plus à ce sujet un peu plus bas, car d’abord je voudrais vous parler de l’encadrement.

L’encadrement

L’encadrement est souvent un sujet assez paradoxal : la plupart des gens souhaitent une œuvre encadrée et ainsi ‘prête à être accrochée’, mais n’a pas la notion du coût d’un encadrement et ne souhaitent pas l’assumer.

Pour mes originaux, je souhaite un encadrement de qualité, et donc relativement cher. Et ce coût s’ajoute à celui de l’original, ainsi que le temps d’encadrement (même si en réalité je ne le compte pas). Car ce n’est pas à l’artiste d’assumer le coût d’un encadrement.

La plupart de mes œuvres encadrées le sont par mes soins, soient dans des cadres de tailles standards achetés dans des magasins de fournitures de beaux-arts, soient faits sur-mesure par un ébéniste dans des bois choisis pour s’accorder au mieux à l’illustration.

Je les encadre sans verre ni polycarbonate, pour que rien n’altère la vibration des couleurs entre l’œuvre et l’œil de celui ou celle qui la regarde.

Ma seule exception concerne les croquis ou dessins effectués sur des papiers fins et trop fragiles selon moi pour être ainsi exposés.

Je propose également d’autres originaux non encadrés, et cherche actuellement comment exposer ces œuvres avec des encadrements ‘de démonstration’ et démontables.

« C’est trop cher » vs « Ce n’est pas dans mes moyens actuels »

« C’est trop cher » est une remarque que beaucoup d’artistes et artisans entendent régulièrement de la part de clients potentiels, alors que les autres artistes et galeristes leur disent plutôt : « Ce n’est pas assez cher » !

Lors de ma dernière exposition en date, quelqu’un a affirmé au propriétaire des lieux que mes originaux étaient ‘chers’. Celui-ci (merci à lui!) lui a fait remarquer que la réalisation de ces œuvres était mon métier : mettait-il en doute le taux horaire de son plombier ou mécanicien ? Mettait-il en doute la maîtrise technique et le travail nécessaires pour réaliser cette œuvre ? Heureusement pour moi, sa réponse a été qu’effectivement, vu comme cela, ça les valait largement.

Je pense que cette réaction peut venir de plusieurs facteurs, combinés ou non :

  1. une méconnaissance du temps nécessaire à la création d’une œuvre (qui n’est pas la même selon les artistes), à la recherche, à la maîtrise des techniques, etc.
  2. une vision de l’art dévoyée dans notre société, comme étant du hobby, non-nécessaire, pas un vrai métier, etc. d’autant plus avec l’émergence de l’intelligence artifielle.
  3. une façon de dire que ce n’est pas dans nos moyens financiers (mais qu’on aurait bien aimé !)

Si c’est une remarque que vous vous faîtes également à propos de mes illustrations ou de l’art en général :

  • Si cela vient du facteur 1, je vous invite à lire mon process, expliqué en bas de la page dédiée à la création d’illustration pour vous faire une idée du temps nécessaire à la création d’une illustration.
  • Si cela vient du facteur 2, je ferai sûrement un article sur le sujet, mais je pense qu’en vous promenant sur ce site et en lisant les différents textes, vous aurez un aperçu de ce que peuvent apporter mes illustrations et l’art en général.
  • Si cela vient du facteur 3, on continue juste en dessous !

Acheter une œuvre qui n’est pas dans ses moyens

Eh oui, c’est peut-être possible !
En tout cas s’il s’agit d’une de mes œuvres.

Pour les tous petits budgets, il y a déjà la possibilité d’acheter une reproduction de cette œuvre, sous forme de carte postale, marque-page, tirage Fine-Art, carnet de notes… si elle est disponible sous cette forme (étant sous le statut d’artiste-auteur, je ne peux reproduire mes œuvres qu’en séries limitées).

Ensuite, il y a la possibilité de payer l’œuvre originale en plusieurs fois, voire de la louer pour un temps défini (avec une caution de la valeur de l’œuvre en cas de dégradation).

Il y a également la possibilité d’acquérir une œuvre originale en échange de service, d’un coût équivalent, professionnel et qui répond à un de mes besoins. Par exemple (liste non exhaustive) :

  • travail d’agent, de diffuseur (pour les illustrations, les textes – romans, nouvelles, poèmes – , les représentations de mes œuvres, …)
  • shooting photos de mes œuvres pour boutique en ligne, communication, diffusion
  • matériel et/ou coaching pour la photographie de mes œuvres
  • tenue de la boutique en ligne (quand elle sera en ligne)
  • matériel et/ou coaching pour prise de vidéo de mes œuvres (illustration, mise en œuvre, spectacles…)
  • prise de vidéo/shooting photo lors d’une de mes représentations publiques
  • reproductions Fine Art de mes illustrations
  • impressions haute qualité
  • formation à des techniques de dessins/peinture (calligraphie latine, hébraIque, arabe, feuille d’or, moku hanga…) ; de création de peinture (pigments, aquarelles…) ; de création de carnet
  • matériel de beaux-art de qualité et neuf (papiers, pigments, pinceaux, feutres, encres, gouges…)

Et des choses plus personnelles (idem, de même valeur, de qualité et au coût équivalent) :

  • nourriture vegan, bio et naturelle
  • divers travaux (selon les besoins du moment)
  • livres de psychologie, spiritualité, mythologie, légendes…
  • séances de thérapie humaniste

En résumé, l’acquisition d’une œuvre originale n’est pas réservé à quelques-uns ! Il y a possibilité de payer en plusieurs fois, de louer l’œuvre, voire de la payer par un service dont j’ai besoin et de valeur équivalente.

Si vous êtes dans un de ces cas, contactez-moi !
Et si vous avez d’autres idées ou remarques, je serai heureuse de les entendre 🙂