Oser se dévoiler

Amazone par Caroline Dewaele, cAro - Le Bulbe à Plumes

Beaucoup d’entre nous ont peur de ce qu’ils sont, ou de se révéler au regard des autres. Il y a des peurs venues de nos traumas (pas obligatoirement des traumatismes), de nos blessures, de notre enfance, de notre lignée, de nos vies antérieures. Souvent un joyeux mélange de tout cela. Parfois plusieurs peurs se mélangent, plusieurs blessures se regroupent en un même symptôme.
Ces peurs sont impossibles à raisonner, même si nous parvenons parfois à les dépasser pour un temps.

Voici un petit témoignage sur une de ces peurs et comment j’y réponds à l’heure actuelle. Peut-être que cela vous donnera des pistes pour vous ou vos proches.

Depuis aussi loin que je m’en souvienne, j’ai eu peur de montrer qui j’étais. De dire ce que je percevais. De raconter ce que je vivais. J’avais bien sûr peur d’être rejetée, mais il y avait une peur encore plus grande, plus viscérale, plus fondamentale : j’avais peur qu’on me tue pour ce que j’étais. Un sentiment totalement incongru, disproportionné, et pourtant bien présent.

J’avais donc besoin de me cacher. J’ai appris à reconnaître les réactions des gens, à voir quand ils commençaient à se poser des questions, à détecter quand certains commençaient à avoir peur, pour savoir quand m’arrêter de parler et de me révéler. J’ai appris à me contenir, à me réprimer, ne pas m’exprimer. J’étais paniquée à l’idée que l’on me découvre.

Ce que je percevais n’était pas ‘acceptable’. Dans notre société moderne, peut-être ne m’aurait-on pas tué physiquement, mais j’avais peur qu’on m’enferme, physiquement ou psychiquement. Alors je me suis enfermée moi-même. Tout ça en réponse à cette peur qui venait de je ne savais où, que je savais irraisonnable, que je ne parvenais pas à raisonner. Je parvenais à la calmer à certains moments, il était trop dur de tout cacher, mais j’avais toujours ce frein.

Une peur venue de vies antérieures

Au fil des ans, j’ai reçu des souvenirs de plusieurs de mes précédentes vies. Parmi les 4 pour lesquelles j’ai eu quelques réminiscences, j’ai revu 3 de mes morts.

Trois morts brutales. Parce que je vivais ma spiritualité, et non celle qui nous était imposée. Parce que je vivais selon ma vérité, mes valeurs, et non celles qu’on nous imposait. Parce que je percevais des choses que d’autres ne voulaient pas entendre, voir, accepter, qui leur faisait peur et qu’ils pensaient qu’en me tuant, cela cesserait d’exister.

Car dans l’inconscient collectif, être capable de percevoir des choses imperceptibles par la plupart des gens (ou qu’ils ne parviennent à interpréter), et/ou de guérir, c’est aussi la capacité de les contrôler et de faire mal.

Dans cette vie-ci, j’ai grandi dans un environnement où la superstition est très présente, les Flandres sont un haut lieu de rebouteux et autres sorciers, mais tue : « On n’est pas superstitieux, ça porte malheur ! »
Dans mon enfance, mon adolescence, ma vie d’adulte, j’ai été à nouveau régulièrement confrontée à ce regard, à cette peur, et parfois une fascination. Également à la moquerie de ceux qui ne me croyaient pas, bien sûr. Dans tous les cas, c’est assez inconfortable ! 😉

Ce qui est assez logique quand on sait que lorsqu’on a une blessure, un trauma, on se replace inconsciemment dans des situations nous le rappelant jusqu’à ce que cela soit solutionné.

Et que fais-je avec ça ?

Pendant longtemps, au fur et à mesure que ces réminiscences remontaient et que je faisais l’expérience de la façon dont les gens accueillaient ‘ma bizarrerie’, je luttais contre cette peur. Je tentais de la raisonner. Je me disais « N’importe quoi, personne ne te tuera parce que tu parles avec des défunts ! Personne ne t’enfermera parce que tu dis que les arbres sont vivants ! » et autres affirmations du même genre.
Mais, vous savez quoi ? Une peur irraisonnée ne peut être raisonnée !

Ce n’est pas en disant à notre esprit qu’il se trompe qu’on le rassure.
C’est en lui offrant une véritable réponse.

J’ai pensé ‘couper le lien’ avec mes vies antérieures, mais c’est une méthode que je n’apprécie pas, car ces souvenirs existeront toujours. Ils seront toujours là, dans l’astral, dans l’inconscient collectif, même s’ils ne me sont plus directement reliés.

Alors, ce matin, j’ai médité. J’ai demandé à voir comment je pourrai libérer ces mémoires, pour ne plus y être soumise. La réponse a été bien plus grande que ma question. Comme d’habitude, elle ne m’a pas été donnée : j’ai été guidée pour la trouver.

J’ai compris que ces réminiscences de mes précédentes morts ne m’ont pas été envoyées pour que je me souvienne m’être faite tuer. Elles me sont apparues pour que je me souvienne que JE SUIS TOUJOURS REVENUE, et que j’ai continué à vivre ma spiritualité et mes valeurs.

Alors voici ce que je peux maintenant répondre à cette peur : « Bien que je pense ce soit peu probable que je me fasse tuée pour être ce que je suis, si c’était le cas, et bien je ferai ce que j’ai toujours fait : je reviendrai ! »

Elle dansait
Au rythme des huées
Des naïfs qui croyaient
Qu’une sorcière pouvait brûler

Extrait de ‘Elle dansait’ – cAro

Et vous, comment répondez-vous aux peurs qui, par protection, vous empêchent d’être vous-même ?

Image de Une : extrait de ‘Amazone’ by cAro – tous droits réservés