L’Homme à Tête de Lune

L'homme à tête de Lune - cAro - Caroline Dewaele

Cette illustration est née d’un rêve particulièrement fort. Au réveil, j’avais cette image imprégnée dans la tête, avec cette couleur bleue omniprésente, cette lune immense, cette jeune femme à la robe blanche endormie au pied d’un arbre, cet arbre un peu torturé, cette ambiance chaude et intimiste, et ces mots « L’Homme à Tête de Lune ». Nous y voyons la lune comme un visage dirigeant sa lumière vers une jeune femme endormie. Il la regarde avec amour et cherche à l’éveiller.

C’est la première illustration que j’ai composée ainsi, en me basant consciemment sur un rêve.

Elle a marqué pour moi le début d’une nouvelle façon de créer et, surtout, une façon qui reliait mon amour du dessin avec mon besoin de sens.

À partir de ce moment, j’ai vu que je pouvais faire passer des messages forts grâce aux illustrations que je créais. En la dessinant, j’y ai découvert les archétypes qui naissaient sous mon crayon ; en la peignant, j’ai compris la symbolique des couleurs que j’utilisais. Ces archétypes et symboliques dont je me nourrissais depuis si longtemps ont alors trouvé un moyen de s’exprimer à travers mes œuvres.

Par la suite, j’ai continué ainsi, en me nourrissant plus consciemment de tout cela, en étudiant plus spécifiquement les symboliques, en méditant et développant ma sensibilité et mes compréhensions, les « dirigeant » vers le sujet que je souhaitais explorer.

Cet « Homme à Tête de Lune » donne l’impulsion à la Dame endormie. C’est un archétype courant dans les contes.
À noter que, comme dans les contes, les personnages ne sont pas un « homme » et une « femme », mais des symboles pour montrer des aspects respectivement yang et yin en soi.

L’homme à tête de Lune – par cAro / Prix de la Chicorée – Salon artistique Joël Baert 2016 à Orchies

Ici, la lune symbolise la complétude, l’union des aspects yin et yang : la lune étant une symbolique yin, elle est ici « homme » donc également yang, solaire. Il s’agit de sa tête qui est lune, et donc sa pensée. La lune est souvent liée à des symboliques d’éveil à la conscience de forces subtiles ou inconscientes. Étant ici également solaire, elle peut aussi bien symboliser l’être global et complet, ou l’aspect divin.
Elle cherche à éveiller la jeune femme endormie, dans sa robe blanche symbolisant l’innocence, qui peut aussi être ignorance, comme l’est l’innocence des premiers jours. L’arbre tortueux tente d’empêcher la lune d’éveiller l’esprit ou l’âme de la jeune femme, ou la qualité qu’elle symbolise. L’arbre est souvent utilisé comme un symbole d’union et de communication entre la Terre et le Ciel, entre l’aspect matériel et l’aspect subtil de l’être. Le représenter ‘tortueux’ met l’accent sur un ‘problème’ d’alignement entre ces deux pôles de l’être, que la Lune solaire cherche à harmoniser. Il peut symboliser la vie matérielle et les problématiques qui y sont liées lorsque l’esprit y est trop densément enraciné, maintenant dans l’illusion que seul le visible est réel et surchargeant le mental pour empêcher de voir ce qui s’y passe (alors que la lune invite à voir le coté invisible des choses, notamment, ici, dans sa « tête » et son mental). Il peut également symboliser toutes les parts de la jeune femme qui ont peur des changements qui peuvent s’opérer en elle, ses croyances, ses protections.

La scène baigne dans une lumière d’un bleu profond, couleur habituellement utilisée pour représenter une scène se déroulant dans le monde intérieur de l’être ou l’aspect sacré, divin, dans les images de nombreuses cultures.

La jeune femme endormie est paisible, un léger sourire aux lèvres. Elle est consciente de ce qui se passe et l’accueille avec douceur. Il n’y a pas de combat entre ces deux aspirations.
Ainsi, si la lune parvient à toucher la jeune femme, c’est par l’intermédiaire des feuilles de l’arbre qui la protège.

Je l’ai accompagné de ce court poème calligraphié tout autour dans la version encadrée, qui recèle également son lot de symbolique :

« L’Homme à Tête de Lune regardait, fasciné,
La Belle endormie.

D’elle, il ne pouvait ses yeux détourner,
Et partout ailleurs sa lumière s’enfuit.
Il ne rêvait que de l’embrasser
Mais l’arbre gardien l’empêchait d’approcher.
Alors, il demanda à son ami le vent
De dépouiller de ses feuilles l’arbre prétendant
Et s’en servit comme d’une main
Pour l’éveiller enfin. »

cAro – 2009

Et vous, qu’y voyez-vous ? Qu’est-ce que cette image vous fait vivre ?
Que nourrit-elle en vous ?
Vous pouvez garder vos réponses dans le secret de votre être ou le partager. Si vous souhaitez me le partager, en privé ou en public, je serai heureuse de le découvrir. 

Côté technique :
Dimensions :  54 x 40 cm (illustration seule) – 68 x 53 cm (encadrée avec poème calligraphié)
Technique : encres et gouache sur papier Arches satiné
Date de création : 2009

L’original n’est plus disponible.
Reproductions : cartes postales haute qualité en série limitée et marque-page. Elle est également présente dans le memory game ‘fleurs blanches’ – disponibles dans différents points de vente en Auvergne et dans la boutique en ligne.

Carte postale haute qualité 13x18cm + enveloppe.